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de tous ces événements. Il y a là-dessous des motifs quinous sont encore cachés jusqu'à ce jour, peut-être desmotifs très-ténébreux, très-subtils, très-politiques, —peut-être aussi très-bêtes.
Je viens de mentionner l’histoire des juifs de Damas.L'Univers consacre à cette affaire un article quotidien.Pendant longtemps ce journal a publié chaque jour unelettre d’Orient. Comme le vapeur-poste n’arrive du Levantque tous les huit jours, nous sommes d’autant plus ten-tés de croire à un miracle en cette circonstance, quenous nous voyons du reste, par les événements deDamas, reportés dans les temps miraculeux du moyenfige. N’est-ce pas déjà un miracle que les nouvellescontrouvées de l’Univers rencontrent quelque croyanceprès du public français? Est-ce là la France , la patriedes lumières, le pays où Voltaire a ri et où Rousseau apleuré? Sont-ce là les Français qui élevèrent jadis unautel dans l’église de Notre-Dame à la déesse de laRaison? Le culte de cette divinité a passé bien vite.
A quel singulier degré la crédulité est mêlée au plusgrand scepticisme chez le vulgaire en France, c’est, ceque je remarquai il y a quelques jours sur la place dela Bourse, où un homme s’était posté le soir avec ungrand télescope, pour montrer la lune à qui voulait lavoir pour deux sous. Il racontait en même temps auxbadauds qui l’entouraient, combien la lune était grande,combien elle comptait de milliers de lieues carrées,qu’il y avait des montagnes et des rivières, qu’elle était