10G ŒUVRES DE HENRI HEINE.
dans laquelle ils ont mis de l’argent, et qu’ils pour-suivent avec cet imperturbable sang-froid qu’on trouvechez tous les négociants anglais. La noblesse d’Angle-terre est vaillante; et celle qui sert dans la marine amême hérité de l’héroïsme de leurs ancêtres , les Nor- Jmands de France. Mais que dirai-je de la masse du i
peuple et de cette bourgeoisie qui forme pour ainsi dire i
la nation officielle? Nous sommes saisis d’un singulierdoute quand nous voyons qu’une poignée de hussards 'est suffisante pour disperser un bruyant meeting decent mille Anglais. Et quand même les Anglais auraientbeaucoup de courage comme individus, les niasses dela population britannique sont en tout cas amollies parles habitudes de comfort contractées dans une paix deplus de cent ans; oui, durant une aussi longue époqueils sont restés préservés de toute guerre intestine, etquant à la guerre extérieure qu’ils eurent à soutenir, ilsne l’ont pas faite en personne, mais par des mercenairesembauchés et des peuples soudoyés. S’exposer à descoups de feu pour défendre des intérêts nationaux, neviendra jamais à l’idée d’un bourgeois de la Cité deLondres, pas même du lord-maire ; n’a-t-on pas pour jcela des gens stipendiés? Par cet état de paix trop pro-longé, par le fléau d’une trop grande richesse et d’unetrop grande misère, par la corruption politique qui est |une conséquence de la constitution représentative, parle régime énervant des manufactures, par l’esprit mer- 1çantile trop développé, par l’hypocrisie religieuse, par