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est-il tombé mortellement malade, le pauvre Strauss,dans le comté de Middlesex, en voyant danser laVieille-Angleterre. Ces hommes n’ont d’oreille ni pourla mesure ni pour la musique en général, et leur engoû-ment contre nature pour le piano et le chant, n’en estque doublement insupportable. Il n’y a véritablementrien d’aussi horrible sur terre que la musique anglaise,si ce n’est la peinture anglaise. Ce peuple qui a l’ouïe sidure, manque aussi du sentiment de la couleur, etparfois un soupçon s’empare de moi, qu’il pourrait êtreen même temps dépourvu du sens de l’odorat. C’est auxAnglais que s’adressent les paroles de la Bible : « lis ontdes yeux et ne voient pas, ils ont des oreilles et n’en-tendent guère, ils ont des nez camus et ils ne sententrien. »
Mais sont-ils forts? Voilà à présent la question impor-tante. Non, leur force est très-équivoque. Quelquebanale que soit la comparaison de l’Angleterre avecCarthage, il n’en est pas moins vrai que c’est toujoursla vieille Carthage, mais sans un Annibal. Ses troupessont des mercenaires. Il est vrai que le soldat anglais estbrave, il est d’une bravoure à toute épreuve, et il mé-prise le feu de l’ennemi autant qu’il doit se mépriserlui-même, ce pauvre instrument qui s’est vendu pourun morceau de beef, et qu’on fustige publiquement ; lepoint d’honneur est incompatible avec le fouet. Lesofficiers sont courageux, mais peu militaires; ils ontacheté leur grade, et la guerre est pour eux une all'aire