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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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105
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est-il tombé mortellement malade, le pauvre Strauss,dans le comté de Middlesex, en voyant danser laVieille-Angleterre. Ces hommes nont doreille ni pourla mesure ni pour la musique en général, et leur engoû-ment contre nature pour le piano et le chant, nen estque doublement insupportable. Il ny a véritablementrien daussi horrible sur terre que la musique anglaise,si ce nest la peinture anglaise. Ce peuple qui a louïe sidure, manque aussi du sentiment de la couleur, etparfois un soupçon sempare de moi, quil pourrait êtreen même temps dépourvu du sens de lodorat. Cest auxAnglais que sadressent les paroles de la Bible : « lis ontdes yeux et ne voient pas, ils ont des oreilles et nen-tendent guère, ils ont des nez camus et ils ne sententrien. »

Mais sont-ils forts? Voilà à présent la question impor-tante. Non, leur force est très-équivoque. Quelquebanale que soit la comparaison de lAngleterre avecCarthage, il nen est pas moins vrai que cest toujoursla vieille Carthage, mais sans un Annibal. Ses troupessont des mercenaires. Il est vrai que le soldat anglais estbrave, il est dune bravoure à toute épreuve, et il mé-prise le feu de lennemi autant quil doit se mépriserlui-même, ce pauvre instrument qui sest vendu pourun morceau de beef, et quon fustige publiquement ; lepoint dhonneur est incompatible avec le fouet. Lesofficiers sont courageux, mais peu militaires; ils ontacheté leur grade, et la guerre est pour eux une all'aire