ŒUVRES DE HENRI HEINE.
100
capable d’une lâche soumission. Cette réclame ministé- pB " 1rielle de la trahison ourdie à Londres a ici fait l’effet ^ ,■&
d’un coup de trompette, on croyait entendre le grand ® ^
cri de colère d’Achille, et les sentiments et intérêts 81011
nationaux blessés opèrent maintenant une suspensiond’armes entre les partis belligérants. A l’exception deslégitimistes, qui n’attendent leur salut que de l’étranger, ® a '* S
tous les Français se rassemblent autour du drapeau tri- jcolore, et leur mot d’ordre commun est : « guerre à J '* e| *
la perfide Albion! »
Si j’ai dit tout à l’heure que l’enthousiasme guerrier kmMfei
s’est allumé aussi dans le gouvernement, je veux dési- ce moment,
gner par là le ministère actuel, et surtout notre héroïque lordrefonn
président du conseil, qui a décrit la vie de Napoléon tgjftaiM.
déjà jusqu’à la fin du Consulat, et qui, avec une ar-dente imagination toute méridionale, a accompagnéson héros à travers tant d’expéditions victorieuses et dechamps de bataille. C’est peut-être un malheur qu’il Mrfifti
n’ait pas pris part aussi en esprit à la campagne deRussie et à la grande retraite. Si M. Thiers était arrivé, H 4 ; a
dans son livre, jusqu’à Waterloo, son courage martial lroilt ®mi
se serait peut-être un peu attiédi. Mais ce qui est bienplus important et bien plus digne de remarque que les ^idldiaii
désirs belliqueux du premier ministre, c’est la confiance ‘“^t pa
illimitée qu’il met dans ses propres talents militaires.
Oui, c est la un fait que je tiens de personnes très-bien
informées ï M. Thiers croit fermement que sa vocation ^
naturelle ce ne sont pas les escarmouches parlementaires. ^