LUTÈCE.
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tellement irrité par l’explosion de la révolte en Syrie,qu’il se démena comme un animal féroce, et ne se pro-posa rien autre que d’exterminer tous les chrétiens surla montagne du Liban. Il n’y eut que les observationsinstantes du consul général d’Autriche qui purent l’ame-ner à renoncer à cette razzia inhumaine, et c’est à cethomme généreux que bien des milliers de chrétiensdoivent le salut de leur vie, tandis que le pacha luidoit encore davantage : il lui doit d’avoir sauvé son nomd’un opprobre éternel. Méhémet-Ali n’est pas insensibleà la considération dont il jouit auprès du monde civi-lisé, et M. de Laurin désarma sa colère , surtout par lapeinture des antipathies qu’il s’attirerait dans toute l’Eu-rope par le meurtre des maronites, au plus grand dom-mage de sa puissance et de sa gloire.
XIV
Paris, 27 juillet 1840.
Les malheurs voyagent en troupes, dit le proverbe;ici les mauvaises nouvelles arrivent coup sur coup. Maisla dernière et la pire de toutes, la coalition entre l’An-gleterre, la Russie, l’Autriche et la Prusse contre lepacha d’Égypte, a plutôt produit ici un joyeux enthou-siasme guerrier que de la consternation, aussi bien dansle gouvernement que dans le peuple. Le Constitutionneld’hier avoua ouvertement que la France a été indigne-ment trompée et offensée, offensée au point de la croire