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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
j’ajoutai: «Quoique j’aie remarqué ces choses de mespropres yeux, je ne regarde pourtant pas M. Gouincomme l’auteur des opéras de Meyerbeer; je ne puiscroire que M. Gouin ait écrit les Huguenots et Robert leDiable; mais s’il en est ainsi réellement, la vanitéd’artiste finira par gagner le dessus, et ai. Gouin reven-diquera publiquement tôt ou tard son titre d’auteur deces opéras. »
— Non! répondit à voix basse l’Italien, en lançant decôté un regard sinistre, aussi perçant que la pointe d’unstylet, » non! ce Gouin connaît trop bien son Meyerbeerpour ne pas savoir les moyens que son terrible ami a àsa disposition, quand il s’agit d’écarter quelqu’un quilui serait dangereux. Sous le prétexte que son pauvreami Gouin a perdu la raison, il serait capable de le faireenfermer pour toujours à Charenton. Il paierait pour luila pension de la première classe des aliénés, et il iraitau moins deux fois par semaine à Charenton, pour voirsi son pauvre ami est bien gardé à vue ; il donnera unbon pour-boire aux gardiens de l’endroit, afin qu’ils aientbien soin de son ami, de son Oreste insensé, dont il seposera comme un autre Pylade, à la grande édificationde tous les badauds qui vanteront sa générosité. PauvreGouin! quand il parlera de ses beaux chœurs dansRobert le Diable on lui mettra la camisole de force, etquand il parlera de son magnifique duo des Huguenots,on lui donnera la douche. Et il pourra encore se féliciterd’avoir conservé la vie et de n’être pas disparu de ce