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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
qu’on lui avait vendu s’était trouvé trop misérable. Plustard, à ce que m’assura mon interlocuteur, Meyerbeera acquis d’un abùate de talent à Venise quelque chosede meilleur qu’il a incorporé à son Crociato ; depuisil a encore su se procurer les manuscrits inédits deWeber, que la veuve du défunt lui céda à vil prix,et dans lesquels il puisera prochainement de bonnesinspirations. Quant à liobert le Diable et les Huguenots,continua le furieux Italien, ces deux ouvrages sont pourla plus grande partie la production d’un Français nomméGouin, qui fait trèS'Volontiers exécuter ses opéras sousle nom de Meyerbeer, afin de ne pas perdre son emploide chef de bureau à la grande poste aux lettres, où sessupérieurs se méfieraient sans doute de son zèleadministratif, s’ils connaissaient son penchant rêveurpour la composition musicale. Vous savez que les gensd’affaires regardent les fonctions pratiques comme in-compatibles avec le talent d’un artiste, et l’employé dela poste, M. Gouin, est assez prudent pour taire sacapacité de compositeur, et pour abandonner toutegloire mondaine à son ambitieux ami Meyerbeer. — Etvoilà la cause de la liaison intime de ces deux hommes,dont les intérêts s’accordent non moins intimement.Mais un père reste toujours père, et l’ami Gouin a tou-jours à cœur le sort de ses enfants spirituels; les détailsde l’exécution et du succès de Robert le Diable et desHuguenots absorbent toute son activité, il assiste àchaque répétition, nous le voyons en continuelles con-