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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

échappé dans une de mes dernières lettres sur le comptede ce député. Je n’ai jamais douté de l’esprit distingué,de la haute intelligence de M. Fould ; je le regarde,moi aussi, comme une des plus grandes capacités de lachambre des députés, mais j’avais douté de son cœur.Avec quel plaisir j’avoue mon erreur quand j’ai faitinjure aux gens de bien, et qu’ils réfutent mes accusa-tions par les faits! L’interpellation de M. Fould té-moigne d’autant de .prudente réserve que de franchedignité. Très-peu de journaux seulement ont donné desextraits de son discours ; les feuilles ministérielles l’ontmême supprimé tout à fait, et ont au contraire donnétout entière la réponse de M. Thiers. Cette réponse futun chef-d’œuvre de perfidie : en éludant la question,en prétendant qu’il taisait des choses qu’il savait, et ense donnant l’apparence d’une retenue scrupuleuse, il asu rendre suspectes les assertions les plus avérées deses adversaires. A l’entendre parler, on aurait pu croireà la fin effectivement que le mets favori des Juifs est lachair des capucins. — Mais non, ô grand historiographeet petit théologien ! en Orient non plus qu’en Occident,le vieux Testament ne permet à ses adhérents une nour-riture aussi sale, l’aversion des Juifs pour toute alimen-tation sanglante leur est tout à fait particulière , elle seprononce dans les premiers dogmes de leur religion,dans toutes leurs lois de salubrité, dans leur cérémonialde purification, dans leurs idées fondamentales sur cequi est pur et impur, dans cette profonde révélation