72 CE r V H1' S K B H EMU HEINE.
polie toujours le bouffon mélancolique du roi Louis Xlil.Sou nom était Angéli, je crois; il portait un pourpointde couleur noire, ainsi qu’un bonnet noir avec de noirsgrelots, et il faisait des plaisanteries larmoyantes. Lepathos de Chateaubriand a toujours pour moi quelquechose de comique; à travers le glas lugubre de cesaccents qu’on prend pour sublimes, j’entends toujoursle tintement des noires clochettes de son bonnet de fou.Seulement, à la longue, la mélancolie artificielle, lessottises d’outre-tombe, les pensées de mort affectées,deviennent aussi déplaisantes que monotones. On ditque Chateaubriand est dans ce moment occupé d’unebrochure sur les obsèques de Napoléon. Ce serait eneffet pour lui une excellente occasion d’étaler tous sescrêpes et toutes ses couronnes d’immortelles oratoires,toutes les pompes funèbres de sa fantaisie de croque-mort; son pamphlet sera un catafalque écrit, et l’auteurne manquera pas d’y prodiguer les larmes d’argent etles cierges de deuil, car il vénère l’empereur depuisqu’il est mort.
Madame de Staël également exalterait aujourd’huiNapoléon, si elle se promenait encore dans les salonsdes vivants. Déjà au retour de l’empereur de Plie d’Elbe,pendant les Cent-Jours, elle était assez disposée à chan-ter les louanges du tyran, et elle y mit seulement lacondition qu’on lui paierait auparavant deux millionsqu elle prétendait être dus à feu monsieur son père.Mais comme l’empereur ne lui donna pas cet argent,