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LUTKCE. 71
les royalistes à convictions moins exclusives, profitèrentde cette disposition pour mettre en avant, d’une façonplus ou moins adroite, leur haine invétérée contre Na-poléon. C’est ainsi que notamment la Gazette de Francenous donna une flore d’ignobles invectives dans unesérie d’extraits des ouvrages de Chateaubriand, demadame de Staël, de Benjamin Constant, et d’autresdétracteurs enragés de la mémoire impériale. Pourmoi, qui en Allemagne m’étais habitué sous ce rap-port à des plats d’injures plus savoureux, je n’en pusque sourire. Ce serait une chose amusante que de mettreen parallèle, avec ces passages tirés d’auteurs fran-çais, autant de passages analogues d’auteurs allemandsde l’époque, où le « père John» agitait sa fourche ilfumier contre le Corse. C’étaient des coups d’estoc et detaille bien plus ignobles, bien plus puants que les élé-gantes passes d’armes d’un Chateaubriand, avec sonépée de parade brillante et légère. Chateaubriand et lepère John! quel contraste, et pourtant quelle ressem-blance entre ces deux fous!
Niais si Chateaubriand a été très-furieux dans sesjugements sur l’empereur, Napoléon l’avait fortementprovoqué par le ton méprisant dont il dit à Sainte-Hé-lène, au sujet du pèlerin de Jérusalem : « C’est une âmerampante qui a la manie d’écrire des livres. » Non,Chateaubriand n’est pas une âme rampante, il est seu-lement fou, et c’est un fou triste, tandis que les fous fran-çais sont généralement gais et divertissants. 11 me rap-