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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
du sort, ont été préservées de ia chute et des rechutesmorales qui s’ensuivent.
Ce qui est caractéristique en elles, c’est une cer-taine manie de destruction dont elles sont possédées,non-seulement au préjudice d’un galant, mais aussiau préjudice de l’homme qu’elles aiment réellement,et surtout au détriment de leur propre personne. Cettemanie de destruction est intimement liée à un désireffréné ou plutôt une fureur de jouissance, de la jouis-sance la plus immédiate, qui ne laisse pas un jourde répit, ne songe jamais au lendemain et se moquede toute espèce de réflexions ou de scrupules. Ellesarrachent à leur amoureux son dernier sou, elles lepoussent à engager aussi son avenir, seulement poursatisfaire à la joie du moment; elles le forcent encore àcompromettre et à gaspiller les ressources dont ellespourraient elles-mêmes profiter plus tard, elles sontmême cause parfois qu’il escompte son honneur,—bref,elles ruinent leur amoureux à fond et avec une rapiditéqui fait frémir. Montesquieu, dans un passage de son«Esprit des Lois» , a cherché à nous donner une idéenette du despotisme en comparant les despotes à cessauvages qui, lorsqu’ils veulent se régaler des fruitsd’un arbre, saisissent aussitôt la hache et abattent l’arbremême, puis s’asseyent commodément à côté du troncet mangent les fruits avec une précipitation gourmande.Je serais tenté d’appliquer cette comparaison aux damesdont je viens de parler. Après Shakspeare qui, dans sa