en conflit avec l’argent. Chaque écu est un valeureuxcombattant contre le républicanisme, et chaque napo-léon est un Achille. Un républicain hait donc l’argent àjuste titre, et quand il s’empare de cet ennemi, hélas !alors la victoire est pire que la défaite : le républicainqui s’est emparé de l’argent a cessé d’être républicain !Il ressemble alors à ce soldat autrichien qui criait :« Mon caporal, j’ai fait un prisonnier! » mais qui, lors-que le caporal lui dit d’amener son prisonnier, répon-dit : « Je ne peux pas, car il me retient. »
De même que les républicains, les légitimistes sontoccupés à mettre à profit le temps de paix actuel poursemer, et c’est surtout dans le sol paisible de la pro-vince qu’ils répandent la semence dont ils espèrent voirnaître et fleurir leur salut. Ils se promettent les plusgrands fruits de l’œuvre d’une propagande qui tâche derétablir l’autorité de l’Église, en fondant des établisse-ments d’instruction et en subjuguant l’esprit de la popu-lation campagnarde. Ils se flattent qu’avec la foi du bonvieux temps, leurs privilèges du bon vieux temps re-prendront aussi le dessus. C’est pourquoi on voit desfemmes de la plus haute naissance devenir, pour ainsidire, les dames patronesses de la religion; elles fontparade de leurs sentiments dévots et cherchent à ga-gner des âmes pour le ciel, en attirant par leur exempletout le beau monde dans les églises. Aussi les églisesne furent-elles jamais plus fréquentées et rempliesqu’aux Pâques de cette année. Surtout à Saint-Roc-h et