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ŒUVRES DE HENRI IÏEINE.
gnement, ils se récrient tout de suite contre des motifspécuniaires supposés. Ces cris sont caractéristiques.Les républicains se sont, une fois pour toutes, brouilléscomplètement avec l’argent, et tout ce qui peut leurarriver de mal est attribué par eux à l’influence de cemétal. En effet, l’argent sert à leurs adversaires de bar-ricade, de bouclier et d’arme contre eux; l’argent estpeut-être même leur véritable adversaire, le Pitt et leCobourg d’aujourd’hui, et ils déblatèrent contre cet en-nemi , selon la façon des anciens sans-culottes. Aufond, il faut l’avouer, ils sont guidés par un justeinstinct. Quant à la doctrine nouvelle qui envisagetoutes les questions sociales d’un point de vue plusélevé, et qui se distingue du républicanisme banalaussi avantageusement qu’un manteau de pourpre im-périal se distingue d’une blouse de grisâtre égalité ; quantà cette doctrine, les républicains n’ont pas grand’choseà en redouter, car la grande masse du peuple en estencore aussi éloignée qu’eux-mêmes. La grande masse,la haute et la basse plèbe, la noble bourgeoisie et la no-blesse bourgeoise, tous les notables de l’honnête médio-crité , qui sont encore si loin des grandes idées socialeset humanitaires, comprennent très-bien le républica-nisme, ils comprennent à merveille cette doctrine, quin’exige pas beaucoup de connaissances préliminaires,qui convient à la fois à tous leurs petits sentiments et àtoutes leurs étroites pensées, et qu’ils professeraientmême publiquement, s’ils ne risquaient par là d’entrer