pousse toujours toutes les individualités distinguées etles rend même impossibles; de sorte que dans destemps de calamité et de péril il n’y aura que des épi-ciers vertueux, d’honnêtes bonnetiers, et autres bravesgens de la même farine, pour se mettre à la tête de lachose publique. Par ce vice fondamental de leur nature,ces républiques périront toujours misérablement, aus-sitôt qu’elles entreront dans un combat décisif avec desoligarchies ou des aristocraties énergiques, représen-tées par de grandes individualités. Et c’est ce qui auraitlieu inévitablement, du moment que la républiqueserait déclarée en France.
Tandis que le temps de paix dont nous jouissons main-tenant est très-favorable à la propagation des doctrinesrépublicaines, il dissout parmi les républicains eux-mêmes tous les liens d’union; l’esprit soupçonneux etmesquinement envieux de ces gens a besoin d’être oc-cupé par l’action, sans cela il se perd dans de subtiles dis-cussions et d’aigres disputes de jalousie, qui dégénèrenten inimitiés mortelles. Ils ont peu d’amour pour leursamis, et beaucoup de haine pour ceux qui, par la forced’une pensée progressive, penchent vers une convic-tion opposée à la leur. Ils se montrent alors très-libé-raux en accusations d’ambition, et même de corrup-tibilité. Avec leur esprit borné, ils ne comprennentjamais que leurs anciens alliés sont quelquefois, pardivergence d’opinion, forcés à s’éloigner d’eux. Inca-pables d’entrevoir les motifs rationnels d'un pareil éloi-