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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
paix de Dieu, autant dans le domaine de la pensée quedans celui de la réalité? Oui, aussi dans le domainede la pensée les transactions sont nécessaires. Qu’est-ceque c’était, sinon une transaction entre la traditioncatholico-romaine et la raison divinement humaine, cequi, il y a trois siècles, lors de la réforme, s’établiten Allemagne sous le nom d’église protestante? Qu’est-ce que c’était, sinon une transaction, ce que Napoléontenta en France, lorsqu’il chercha à réconcilier leshommes et les intérêts de l’ancien régime avec leshommes nouveaux et les nouveaux intérêts de la révo-lution ? Il donna à cette transaction le nom de «fusion»— mot également très-significatif et qui révèle tout unsystème. — Deux mille ans avant Napoléon, un autregrand homme d’État, Alexandre de Macédoine, avaitinventé un semblable système de fusion, lorsqu’il voulutconcilier l’Occident avec l’Orient, par des mariages ré-ciproques entre les vainqueurs et les vaincus, par unéchange de mœurs et l’assimilation des pensées. — Non,à une telle hauteur Napoléon n’a pas pu élever sonsystème de fusion, il n’a su rapprocher que les per-sonnes et les intérêts, mais non les idées, et ce futlà sa grande faute, comme la cause de sa chute. M. Thierscommettra-t-il la meme méprisé ? Nous le craignonsfort. M. Thiers sait parler infatigablement du matinjusqu à minuit, faisant jaillir toujours de nouvellespensées brillantes, de nouveaux éclairs d’esprit, amu-sant , instruisant, éblouissant son auditoire ; on dirait