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sentent- doués à ennuyer le public par leurs rimailleriesélégiaques ou par leurs discours politiques et sentimen-tals, ou bien par tous les deux à la fois.
J’ai mentionné que Thiers avait justement par sondernier discours montré sa puissance comme hommed’État. M. lîerryer a peut-être, avec ses phrases sonores,ses fanfares déclamées, produit un effet plus pompeuxsur les oreilles de la multitude ; mais cet orateur est àM. Thiers, l’homme d’État, ce que Cicéron était àDémosthène. Quand Cicéron plaidait au forum, l’audi-toire disait que personne ne savait mieux parler queMarcus Tullius ; mais quand Démosthène parlait, lesAthéniens criaient : Guerre à Philippe ! Pour tout éloge,après que Thiers eut fini son discours, les députés dé-lièrent leur bourse et lui donnèrent l’argent demandé.
Le point culminant dans ce discours de Thiers fut lemot «transaction»—mot que nos politiques du jourcomprirent très-peu, mais qui, à mon sens, est de la plusprofonde signification. Est-ce que de tout temps la lâchedes grands hommes d’État fut autrechose qu’une trans-action, un accommodement entre des principes et despartis différents? Quand on a à gouverner, et qu’on setrouve placé entre deux factions qui se combattent, ondoit tâcher d’opérer une transaction. Comment le mondepourrait-il progresser, comment pourrait-il seulementse maintenir tranquille, si après de terribles boulever-sements ne venaient pas ces hommes dominateurs, quirétablissent parmi les combattants fatigués et blessés la