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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
forces guerrières du plus puissant royaume et de toutle ban et l’arrière-ban de la révolution, de tout le feuet de toute la démence de notre temps. Ne l’excitezpas à sortir de sa sage jovialité, de son aimable insou-ciance , pour entrer dans le labyrinthe fatal de lapassion, n’encombrez pas son chemin, ni avec despommes d’or ni avec des bûches grossières!... Toutle parti de la couronne devrait se féliciter de ce que lachambre a justement choisi Thiers, cet homme d’État,qui a révélé dans les derniers débats toute sa grandeurpolitique. Oui, tandis que les autres ne sont qu’orateurs,ou administrateurs, ou savants, ou diplomates, ouhéros de la vertu, Thiers possède au besoin toutesces qualités ensemble, même la dernière, seulementelles ne se présentent pas en lui comme des spécialitésétroites, mais elles sont dominées et absorbées par songénie politique. Thiers est homme d’État, il est un deces esprits dans lesquels l’art de gouverner est unecapacité innée. La nature crée des hommes d’État commeelle crée des poètes, deux espèces de créatures très-hétérogènes , mais qui sont également indispensables ;car le monde a besoin d’être enthousiasmé et d’êtregouverné. Les hommes en qui la poésie ou l’art de gou-verner est un don de la nature, sont aussi poussés parcette même nature à faire valoir leur talent, et nousne devons nullement confondre ce penchant avec lapetite vanité qui pousse les mortels moins avantageu-