LUTECE.
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patte vigoureuse. U se maintiendra toujours plus long-temps que son léger rival sur le faîte du pouvoir : nousserions presque tentés de croire que c’est par manqued’habileté qu’il n’en saurait redescendre, et que dansune pareille position une forte secousse sera probable-ment nécessaire pour lui faciliter la dégringolade. Dansce moment, on a peut-être déjà expédié les dépêchesdans lesquelles Louis-Philippe explique aux cabinetsétrangers la nécessité où il se trouve placé par la forcedes choses de prendre pour ministre ce Thiers qui luiest si désagréable, au lieu de Guizot, qu’il aurait pré-féré.
Le roi aura maintenant beaucoup de mal à apaiser lesantipathies que les puissances étrangères nourrissentcontre M. Thiers. La manie de Louis-Philippe de briguerl’approbation de ces puissances, est une folle idiosyn-crasie. Il croit que de la paix au dehors dépend aussi latranquillité intérieure de son pays, et il ne voue à cedernier qu’une faible attention. Lui qui n’aurait qu’àfroncer les sourcils pour faire trembler tous les Trajan,les Titus, les Marc-Aurèle et les Antonin de cette terre,y compris le Grand-Mogol, il s’humilie devant euxcomme un écolier, et s’écrie d’un ton suppliant : « Soyezindulgents envers moi! pardonnez-moi d’être montépour ainsi dire sur le trône français, et d’avoir été éluroi par le peuple le plus brave et le plus intelligent, jeveux dire par 36 millions de révolutionnaires et demécréants. Pardonnez-moi de m’être laissé séduire au