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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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Jfi ŒUVRES DE HENRI HEINE.

maîtres et lautre transmise comme patrimoine, s'ajouteencore une disposition naturelle en Louis-Philippe, desorte quil est presque impossible de deviner chez luiles secrètes pensées à travers lépaisse enveloppe, lachair si souriante et si bienveillante en apparence. Maissi nous réussissions même à jeter un regard jusque dansles profondeurs du cœur royal, nous nen serions guèreplus avancés, car au bout du compte ce nest jamaisune antipathie ou une sympathie à légard de telles outelles personnes, qui détermine les actes de Louis-Phi-lippe; il nobéit quà la force des choses, la nécessité.11 repousse presque avec cruauté toute incitation per-sonnelle , il est dur envers lui-même, et sil nest pointun souverain autocrate pour les autres, il est au moinsle maître absolu de ses propres passions. Il y a donc peudimportance politique dans la question qui des deux il

aime le plus, et qui des deux il aime le moins, ou de

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M. Guizot ou de M. Thiers ; il se servira de lun ou delautre, selon quil aura besoin de celui-ci ou de celui-,et il ne le fera qualors, ni plus tôt ni plus tard. Je nepuis donc réellement pas affirmer avec certitude lequelde ces deux hommes détat lui est le plus agréable oule plus désagréable. Je crois quil se sent de léloigne-ment pour tous les deux, et cela par envie de métier,parce quil est ministre lui-même et quaprès tout ilcraint la possibilité de leur voir attribuer une capacitépolitique plus grande que la sienne. On dit que Guizotlui revient plus que Thiers, pour la raison que le pre-