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lin rendez-vous à la reine de Saba, l’amie du grandSalomon, roi de Judée et d’Israël? Probablement cettevieille et fabuleuse princesse attend le célèbre touristesur une belle oasis en Éthiopie, où elle veut déjeuneret caqueter avec lui au milieu des palmiers verdoyantset des fontaines jaillissantes, comme le fit un jour aussila défunte lady Esther Stanhope, la folle sultane dudésert. Celle-ci était un personnage de la même espèce,grande devineresse de charades, et même prophétesse.Quant à son don prophétique, je n’en ai pas une grandeopinion. Dans les mémoires qu’un Anglais a publiés surelle après sa mort, je trouve un récit de la visite quevotre seigneurie fit à lady Esther, lors de votre séjour auLiban, et, à ma grande surprise, je vois qu’elle vousparla de moi comme d’un personnage exalté qui auraitfondé une nouvelle religion. Juste ciel! moi, le fonda-teur d’une nouvelle religion! moi à qui les religionsexistantes ont toujours suffi, plus que suffi ! Tout celame prouve combien on est mal renseigné sur moncompte en Asie.
Mais, en vérité, où est à présent l’infatigable voya-geur, ce juif errant de l’Allemagne, ce partout et nullepart, qu’on prendrait presque pour un mythe. LeFremdenblatt de Kasan, journal mongol assez véri-dique, prétend que le fameux auteur des «Lettresd’unTrépassé » fait dans ce moment un voyage en Chine,pour y voir les Chinois avant qu’il ne soit trop tard, etque ce peuple de porcelaine ne se soit entièrement
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