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EPITJIE DÉDICATOIRE.
cassé sous la lourde main des barbares aux cheveuxroux. Oui, le Céleste-Empire se brise en morceaux, etses petites clochettes argentines, qui résonnaient sidrôlement, tintent aujourd’hui comme un glas funèbre.Bientôt il n’y aura plus de Chinois et de chinoiseriesque sur nos tasses à thé, sur nos paravents, sur noséventails et sur nos étagères : les mandarins à longuequeue, qui ornaient nos cheminées et qui balançaientsi joyeusement leur grosse bedaine, en tirant parfoisde leur bouche riante une langue rouge et pointue, cespauvres magots semblent connaître le malheur de leurpatrie, ils ont l’air triste, et on dirait que leur cœur sefend de chagrin. Cette agonie de porcelaine est ef-froyable. Mais ce ne sont pas seulement les magots deChine qui s’en vont. Tout le vieux monde se meurt, etil a hâte de se faire enterrer. Les rois s’en vont, lesdieux s’en vont, et hélas ! aussi les magots s’en vont !
En songeant sérieusement, mon prince, aux moyensde vous faire parvenir ce livre, il me vient l’idée del’adresser poste restante à Tombouctou. On m’a dit quevous vous rendez souvent à cette ville, qui doit être uneespèce de Berlin nègre; comme elle n’est pas encoreentièrement découverte, je comprends très-bien qu’ellevous procure tous les agréments d’un incognito com-plet, et que vous pouvez vous y désennuyer à votreaise, quand vous êtes fatigué de ce Tombouctou blancqui s’appelle Berlin.
Mais, que vous soyez dans l’Orient ou dans l’Occi-