En ajoutant sans le moindre changement, aux articlesimprimés, lion nombre d’autres qui n’avaient pointpassé à la censure, j’ai fourni, par un arrangement ar-tistique de toutes ces monographies, un ensemble quiforme le portrait fidèle d’une époque aussi importanteque pleine d’intérêt.
Je parle de cette époque qu’on nommait du temps durègne de Louis-Philippe l’époque ((parlementaire», nomtrès-significatif et dont l’importance me frappa dèsl’abord. Comme on peut le lire dans une des premièreslettres de ce livre, j’écrivis, le 9 avril 1840, les parolessuivantes: «Ce qui me paraît caractéristique, c’est quedepuis quelque temps on n’appelle plus le gouvernementde l’État de France un gouvernement constitutionnel,mais un gouvernement parlementaire. Le ministère dupremier mars reçut ce nom dès son baptême».—Leparlement, c’est-à-dire la chambre des députés — carcelle des pairs ne signifiait pas grand’chose — s’étaitdéjà alors emparé des plus importantes prérogatives dela couronne, et tout le pouvoir de l’État tomba peu àpeu entre ses mains. De son côté le roi, on ne sauraitle nier, était également aiguillonné de désirs d’usurpa-tion , il voulait régner lui-même, indépendamment descaprices de la chambre et des ministres, et tout enfaisant les plus grands efforts pour obtenir la souverai-neté absolue, il cherchait constamment à rester dansles formes légales. Louis-Philippe peut donc soutenir àbon droit qu’il n’a jamais blessé la légalité, et devant