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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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les assises de lhistoire on labsoudra sans doute com-plètement de tout reproche davoir commis un acteillégal, et lon ne pourra le déclarer coupable tout auplus que dune trop grande finesse. La chambre aucontraire, qui voilait moins adroitement par la formelégale ses empiétements sur les prérogatives de laroyauté, serait certainement frappée dun verdict plussévère, si lon ne pouvait en quelque sorte lui comptercomme circonstance atténuante davoir été provoquéepar les velléités royales qui tendaient sans cesse à usur-per le pouvoir absolu; elle peut dire quelle combattaitle roi pour le désarmer, et pour se saisir elle-même dunedictature qui, dans les mains de Louis-Philippe, auraitpu devenir dangereuse pour lÉtat et la liberté. Le duelentre le roi et la chambre, voilà ce qui remplit la pé-riode parlementaire, et les deux partis sétaient à la fintellement fatigués et affaiblis quils tombèrent impuis-sants à terre, lorsquun nouveau prétendant parut surle théâtre de la lutte. Le 24 février 1848 ils tombèrentpresquen même temps, la royauté dans les Tuileries,et quelques heures plus tard le parlement dans lédificevoisin, appelé Palais-Bourbon. Les vainqueurs, cetteglorieuse canaille des journées de février, neurent vrai-ment pas besoin de faire montre dhéroïsme. Ils nepurent exercer leurs prouesses que contre les meublesdu château. Ils nont pas tué lancien régime, ils ontmis fin seulement à sa vie apparente : le roi et lachambre moururent, parce quils étaient morts depuis