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PRÉFACE.
plus insouciante, plus imprévoyante, et de la faire ainsi tomberun jour dans un piège. Mais après la révolution de Février jereconnus mon erreur, je vis que les républicains étaient réel-lement de très-honnêtes gens qui ne savaient pas dissimuler,et qu’ils étaient en vérité ce dont ils avaient l’air.
Si les républicains offraient déjà au correspondant de laGazelle d’Augsbourg un sujet très-épineux, il en était ainsià un bien plus haut degré pour les socialistes, ou, pour nom-mer le monstre par son vrai nom, les communistes. Et cepen-dant je réussis à aborder ce thème dans la Gazette d’Augs-bourg. Bien des lettres furent supprimées par la rédaction dela Gazelle qui se souvenait du vieux dicton : « Il ne faut paspeindre le diable sur le mur. » Mais elle ne pouvait pasétouffer toutes mes communications, et, comme je l’ai dit, jetrouvai moyen de traiter, dans ses prudentes colonnes, unsujet dont l’effroyable importance était tout à fait inconnueà cette époque. Je peignis le diable sur le mur de monjournal, ou bien, comme s’exprimait une personne très-spirituelle , je lui fis une bonne réclame. Les communistes,répandus isolément dans tous les pays et privés d'une con-science précise de leurs communes tendances, apprirent par laGazette d’Augsbourg qu’ils existaient réellement, ils surentaussi à cette occasion leur nom véritable, qui était tout à faitinconnu à plus d’un de ces pauvres enfant.s-trouvés de la vieillesociété. Par la Gazette d’Augsbourg, les communes disper-sées des communistes reç.urent des nouvelles authentiquessur les progrès incessants de leur cause ; ils apprirent à leurgrand étonnement qu’ils n’étaient pas le moins du monde unefaible petite communauté, mais le plus fort de tous les partis;que leur jour, il est vrai, n’était pas encore arrivé, mais qu’uneattente tranquille n’est pas une perte de temps pour des