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un héritage sujet à caution. J’attends de l’équité du lecteurqu’il veuille prendre en considération les difficultés autant dulieu que du temps, contre lesquelles l’auteur avait à lutterlorsqu’il fit pour la première fois imprimer ces lettres. J’as-sume toute responsabilité pour la vérité des choses que jedisais, mais nullement pour la manière dont elles ont étédites. Celui qui ne s’attache qu’aux mots, trouvera aisémentdans mes correspondances, à force de les éplucher, bonnombre de contradictions, de légèretés, et même un manqueapparent de conviction sincère. Mais celui qui saisit l’espritde mes paroles, y reconnaîtra partout la plus stricte unitéde pensée et un attachement invariable pour la cause de l’hu-manité , pour les idées démocratiques de la révolution. Lesdifficultés locales dont je viens de parler, reposaient dans lacensure, et dans une double censure; car celle qu’exerçait larédaction de la Gazette d’Jugsbourg , était encore plus gê-nante que la censure officielle des autorités bavaroises. J étaissouvent forcé de pavoiser l’esquif do ma pensée de banderolesdont les emblèmes n’étaient guère la véritable expressionde mes opinions politiques eu sociales. Mais le contreban-dier journaliste se souciait peu de la couleur du chiffon quiétait pendu au mât de son navire, et avec lequel les ventsjouaient leurs jeux volages: je ne pensais qu’à la bonnecargaison que j’avais à bord, et que je désirais introduire dansle port de l’opinion publique. Je puis me vanter d’avoir bien;ouvent réussi dans ces entreprises, et l’on ne doit pas meîhicaner sur les moyens que j’employais parfois pour atteindrele but. Comme je connaissais les traditions de la Gazetted’Jugsbourg , je n’ignorais pas, par exemple, qu’elle s’étaittoujours imposé la tâche de porter tous les faits de l’époque,non-seulement avec la plus grande promptitude à la ronnais-
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