des Finances de la France. 445
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à lui - même : cependant, la nuit s’avance ,l’ombre & le lilence couvrent la terre ; lapaix femble régner par-tout, excepté dansfon cœur; les cris plaintifs des mourants,les pleurs des familles défolées, les diversmaux dont il ell la caufe, fe préfentent àfon fouvenir & troublent fon imagination :tout l’inquiéte, tout tient fon ame en fuf-pens; un fonge , le bruit des vents, l’éclatdu tonnerre , fuffifent quelquefois pour l’a-giter & pour le rappeller à fa petitelfe. Quifuis-je , fe dit-il alors malgré lui, qui fuis-je,pour commander tant de ravages &_ pourfaire verfer tant de larmes ! né pour êtreun des bienfaiteurs du genre humain , j’enfuis devenu le fléau ! eft-ce là l’ufage que jedois faire, & des tréfors dont je difpofe, &du pouvoir qui m’eft remis ! Ou tout exiftedans l’univers fans ordre, fans but & fansmotif, & la morale eft une chimere ; ouj’ai quelque compte à rendre ; & ce comptequel fera-t-il ! C’eft en vain alors, que pours’énorgueiilir , ou pour fe difculper à fes