454 De l’Administration
quêtes & à mefure que les Souverainsviennent à bout d’étendre leurs poffeffions *le befoin du defpotifme le fait fentir davan-tage 5 & un jour, fon aétion même, ne pa-raîtra pas affez rapide pour lier enfembletant de parties. Alors, ce que les Princestrouveront de trop par-tout, c’eft la penfée ;& peut-être , qu’ambitieux d’une gloire, fem-blable à celle des méchaniciens ou des ma-chiniltes, leur dernier voeu fera de découvrirun fecret, pour arrêter ou conduire d’unfeul mouvement, toutes les volontés deleurs fujets. Quelle dégradation de la naturehumaine ! quel facrifice offert à l’ambitiond’un feul! Ces idées, à la vérité, font moinsfenfibles, lorfque dans de femblables monar-chies, il y a, comme aujourd’hui, plufieursSouverains doués d’un efprit fupérieur, &qui fouvent combattus entre différents fen-timents , voudraient pouvoir concilier l’ef-for national qui leur plaît perfonnellementavec les principes militaires qui conviennentà leur politique ; mais les- hommes palfent,