des Finances de la France. 433
au milieu des pallions deftructives, c’eft àvous que fied la pitié : faites aimer le Sou-verain par fes vertus, les miniftres par leurfageffe ; mais ne prenez jamais le langagedes courtifans, quand vous parlez au nomde celui devant qui toutes les puiffancesde la terre ne font rien.
Le fujet que je traite en ce moment,"appartient à toutes les nations ; & l’on nepeut remarquer fans douleur , que dans plu-fieurs Royaumes, ce n’eft pas feulement laguerre qui multiplie les maux de l’huma-nité, c’eft encore ce génie abfolument mi-litaire qui en eft tantôt l’effet , & tantôtle précurfeur : déjà plufieurs Etats fontchangés comme dans un vafte corps decaferne , & l’augmentation fucceffive desarmées difciplinées, y accroît dans la mêmeproportion les impôts , la crainte & l’ef-clavage ; enfin , par une réaélion malheu-reufe , les dépenfes exceflives qui font l’ef-fet de cette fituation forcée , infpirent ledefir de les rendre frudueufes par des cou *Tome III. E e