ues Finances de la France. . 221
nous formons de la bienfaifance ; c’eft par leculte que nous rendons à cette perfection, qu’ennous élevant jufques au puilfant moteur del’univers, nous croyons que notre bonheur l’in-téreffe,& cette douce perfuafion, nourrit notreefpérance, & adoucit les amertumes de la vie.
On a dit que la juftice étoit la bienfaifancedes Rois : ce mot a eu de la réputation, &dans plufieurs acceptions, je le crois très-exact;mais fous un rapport plus vafte, & en confi-dérant les befoins de la multitude , les limi-tes de fes reffources, & le joug févere impoiepar les loix de propriété, on pourrait dire auffîquelquefois, que la bienfaifance eft la juiîicedes Rois. Un Monarque, lorfqu’il diftribue desrécompenfes, & lorfqu’il rend des jugementsou dans fes confeils, ou par la voix de fes tri-bunaux, n’eft alors qu’un fouverain arbitre,& il fuffit-de fa juftice; mais dans l’adminiftra-tiond’un Royaume,le Souverain paraît commeune émanation de l’efprit bienfaifant & célefte,qui veille fur les hommes, & qui fait leverl’herbe des champs & meûrir les épis, pour les