120 De l’Administration
bien loin d’étre le bonheur; qu’ils s’en fientà l’imagination inquiète de ceux qui étalenttant de richefies : habitués bientôt à ces vai-nes jouiffances, ils en voudroient d’autrespour s’en dégoûter encore ; & tandis qu’ilsexcitent l’envie, ils font en proie à l’ennui,qui accompagne la molleife & l’oifiveté. Ilfaut, fans doute, à tous les hommes un peud’ambition , parce qu’il leur faut à tous unpeu d’efpérance; mais cette convoitife con-tinuelle , mais ces idées chimériques fur ladouceur des vanités auxquelles on ne peutatteindre, font la plus malheureufe des fo-lies. Je ne fais fi c’eft par l’effet d’une mé-ditation éclairée, je ne fais fi c’eft parceque tout ramene dans l’univers, à l’idéed’une grande unité de plan ; mais je fuisdifpofé- à croire, & fur-tout j’aime à mele perfuader, qu’il y a dans le fort des hu-mains moins d’inégalités qu’on ne penfe,& l’on ne doit point décourager les Souve-rains en leur préfentant une tâche au-def-
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fus de leur puilfance : ce n’eff ni l’ordre