des Finances de la France. 119
à la contempler, comme l’attribut de quel-ques êtres d’une nature différente de la leur:& tandis qu’ils regagnent lentement leurschaumières, chargés d’un fardeau qu’ils fup-portent avec peine, ils voyent paffer prèsd’eux ces courliers pleins d’ardeur, qui traî-nent rapidement le char magnifique du ri-che ou du grand leigneur, comme ils voyenterrer au-deflus de leurs têtes, les aftres étin-celants dont ils peuvent diftinguer les mou-vements. C’elt plutôt, lorfqu’on eft inftruifcpar une forte d’aifance; c’efl lorfqu’on jouitdéjà des commodités de la vie, qu’on de-vient jaloux du luxe des autres : c’eft qu’a-lors la vanité s’éveille, & que cette pafîioneft une fource d’envie; il faut, pour s’endéfendre , éviter avec foin de s’écarter del’état où la fortune vous a placé; il'faut letenir éloigné d’un fpeftacle qu’on a la foi-bleffe de ne pouvoir fupporter. Ah ! qu’ilsfont peu raifonnables ceux qui fe laiffent al-ler à ces fortes d’angoiffes ! Qu’ils appren-nent donc, que cet éclat qui les bielle, eft