jîïig De l’Administration
! €c les lettres, ces compagnes de la fortune s 'ont confolé la terre de l’atteinte qui a étéportée à la fimplicité des mœurs, par l’ac-croiffement des richefTes : ces différents efforsde l’efprit, ont fait connoitre à l’homme fesforces, ont agrandi l’opinion qu’il en avoitconçu lui-même; & lorfque l’amour de laguerre , & le defpotifme qui marche à fafuite, tendent infenfiblement à le rendreefclave, c’eft par les lumières qu’il fe dé-fend , au moins, de l’affervifrement de fapenfée.
Enfin , & Ceci eft une réflexion que jecommunique aux âmes trop fenfibles, cecontraire entre le luxe des uns & la mo-dique fortune des autres, ne repréfente pointles proportions du bonheur. Hélas ! qui lecroiroit ? ce font ceux que les loix de lapropriété, réduifent en tout tems au {impienéceflaire, qui fupportent avec plus de tran-quillité le fpedacle du fafte & de la richeffe :cette pompe eft à une fi grande diftance deleurs idées d’habitude, qu’ils s’accoutument