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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Eh bien, petit Simson, cria le gros Dricksen, crois-tu encore en Dieu? Est-ce de la justice? Madame labandâgiste va rendre visite à Schnabelewopski pendantla nuit obscure, et il faut que, pour cela, nous fassionsmaigre chère à la clarté du soleil !

O Dieu, Dieu! dit en soupirant le petit homme,tout affligé par de telles sorties athées, et peut-être aussipar le mauvais dîner. Son affliction saccrut quand lelong Van Pitter décocha ses traits contre les anthropo-morphistes, et loua les Égyptiens, qui adoraient jadisdes bœufs et des oignons, car les premiers, rôtis, et lesseconds, cuits à létoutfée, avaient certainement un goûtdivin.

Mais ces moqueries inondèrent dune plus grandeamertume lâme du petit Siinson, et il termina de lamanière suivante une apologie du déisme :Dieu est auxhommes ce que le soleil est pour les plantes. Quand lesrayons de cet astre touchent aux fleurs, elles sélèventavec joie, ouvrent leurs calices, et déploient leur luxede couleurs le plus variées. La nuit, quand le soleil estabsent, elles ont lair triste, ferment leurs calices, etdorment ou rêvent aux baisers de lumière dorée desjours passés. Celles des fleurs qui restent toujours àlombre, perdent la taille et la couleur, se rabougrissentet se fanent, tristes et malheureuses. Mais les fleursqui- croissent tout à fait dans lobscurité, dans les cavesdes vieux châteaux, dans les ruines des cloîtres, devien*