REISEBILDER.
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poisson. Je trouvai aussi déplaisant qu’il portât degrandes boucles d’oreilles en or. Il avait la singulièrehabitude de changer tous les jours de place les meublesde son appartement, et quand on arrivait chez lui, on letrouvait occupé, soit à mettre la commode à la place dulit, soit à déplacer le sopha pour établir son bureau.
Le petit Simson présentait sous ce rapport le contrastele plus tourmenté j il ne pouvait souffrir qu’on déran-geât la moindre chose dans sa chambre ; il devenait visi-blement inquiet quand on y touchait le moindre objet,les mouchettes, par exemple ; tout devait rester commeil l’avait mis; car ses meubles et ses effets lui servaientde moyens de rappel pour fixer dans sa mémoire,d’après les préceptes de la mnémonique, toutes sortesde dates historiques ou d’axiomes de philosophie. Laservante ayant un jour, en son absence, enlevé de sachambre un vieux coffre, et pris dans les tiroirs de sacommode ses bas et ses chemises pour les faire laver,il devint inconsolable quand il s’en aperçut, et prétenditqu’il ne savait plus désormais rien sur l’histoire assy-rienne, et que toutes les preuves en faveur de l’immor-talité de l’âme, qu’il avait coordonnées fort systémati-quement dans ses tiroirs, avaient été mises à la lessive.
Au nombre des originaux dont je fis la connaissanceà Leyde, se trouvait aussi mynheer Vander Pissen, cou-sin de Van Mœulen, qui m’avait introduit chez lui. Ilétait professeur de théologie à l’université, et j’entendisà son cours l’explication du cantique de Salomon, et de