Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
Seite
319
Einzelbild herunterladen
 

REISEBILDER.

319

nom méchappe, dût-il courir des bordées jusquau jourdu jugement dernier. Le diable le prit au mot ; il fautdonc quil reste toujours sur mer jusquau dernier desjours, à moins quil ne soit délivré par la fidélité dunefemme. Le diable, sot quil est, ne croit pas à la fidélitéféminine, et il a permis en conséquence au capitainemaudit de descendre à terre tous les sept ans, de symarier et de tenter ainsi sa délivrance. Pauvre Hollan-dais! il est souvent trop heureux dêtre délivré de sachère épouse, et de retourner à bord pour se remettrede la fidélité féminine.

Cest sur cette fable que se fondait la pièce que je visau théâtre dAmsterdam. Sept ans sont écoulés; lepauvre Hollandais est plus las que jamais de louvoyersans fin, descend à terre, se prend damitié avec unmarchand écossais quil rencontre, lui vend des dia-mants à un prix dérisoire, et quand il apprend que sapratique a une belle fille, il la demande en mariage.Cette affaire se conclut aussi. Alors nous voyons la mai-son de lÉcossais ; la jeune fille, le cœur inquiet, attendson futur. Elle regarde souvent avec mélancolie unvieux tableau enfumé appendu à la muraille, et qui re-présente un bel homme en costume espagnol néerlan-dais. Cest un vieil héritage, et sa gran'Vmère lui arapporté que cest le portrait frappant du Hollandaisvolant, tel quon la vu il y a plus de cent ans en Écosse,du temps du roi Guillaume dOrange. Au tableau serattache aussi un avis traditionnel qui engage les femmes