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1 (1861)
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Mais les sons qui, dun autre côté, frappaient monoreille, me causèrent encore plus de trouble et deffroique cette scène grotesque qui passait en silence commedes ombres chinoises.

Cétaient des sons enroués, rauques, sourds; des crisinsensés, des battements daile anxieux, des râlementsdésespérés, des sanglots étouffés, des soupirs et des gé-missements lamentables. Le bassin de lAlster étaitpris: seulement, près du rivage, on avait coupé un vastecarré dans la glace, et les horribles accents que je ve-nais dentendre partaient des gosiers des pauvres créa-tures blanches qui y nageaient et qui criaient dans leurmortelle angoisse.

Hélas! et cétaient les mêmes cygnes qui autrefoisavaient bercé mon âme démotions si douces et si se-reines ! Hélas ! les beaux cygnes blancs, on leur avaitbrisé les ailes pour les empêcher démigrer en automne,vers le chaud midi. Et maintenant le nord les tenaitenchaînés dans ses sombres glacières et le garçondu café du Pavillon disait quils sy trouvaient bien, etque le froid entretenait leur santé.

Mais cela nest pas vrai. On ne se trouve pas bienquand on est emprisonné misérablement dans une marefroide à Hambourg, quon y est presque collé par laglace, quon a les ailes cassées, et quon ne peut sen-voler vers les belles contrées du sud sont les bellesfleurs, les beaux fruits dorés du soleil et les lacs bleusdes montagnes.

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I.