REISEBILDER.
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Mais les sons qui, d’un autre côté, frappaient monoreille, me causèrent encore plus de trouble et d’effroique cette scène grotesque qui passait en silence commedes ombres chinoises.
C’étaient des sons enroués, rauques, sourds; des crisinsensés, des battements d’aile anxieux, des râlementsdésespérés, des sanglots étouffés, des soupirs et des gé-missements lamentables. Le bassin de l’Alster étaitpris: seulement, près du rivage, on avait coupé un vastecarré dans la glace, et les horribles accents que je ve-nais d’entendre partaient des gosiers des pauvres créa-tures blanches qui y nageaient et qui criaient dans leurmortelle angoisse.
Hélas! et c’étaient les mêmes cygnes qui autrefoisavaient bercé mon âme d’émotions si douces et si se-reines ! Hélas ! les beaux cygnes blancs, on leur avaitbrisé les ailes pour les empêcher d’émigrer en automne,vers le chaud midi. Et maintenant le nord les tenaitenchaînés dans ses sombres glacières — et le garçondu café du Pavillon disait qu’ils s’y trouvaient bien, etque le froid entretenait leur santé.
Mais cela n’est pas vrai. On ne se trouve pas bienquand on est emprisonné misérablement dans une marefroide à Hambourg, qu’on y est presque collé par laglace, qu’on a les ailes cassées, et qu’on ne peut s’en-voler vers les belles contrées du sud où sont les bellesfleurs, les beaux fruits dorés du soleil et les lacs bleusdes montagnes.
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I.