reisebilder.
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ce moment semblaient en proie à une démence singu-lière et indéfinissable. Je les avais déjà vus, U y a douzeans, à la même heure, avec le même air, comme les pou-pées d’une horloge de ville, obéissant au même méca-nisme, se mouvoir de la même manière ; depuis lors ilsavaient de la même façon, sans discontinuer, fait leurscomptes; ils avaient été à la bourse, avaient mis enbranle les mâchoires, payé les pourboires après le dîner,et puis ils s’étaient remis à compter : « Deux fois deuxfont quatre. >3
— Horreur! m’écriai-je — si, pendant qu’un de cesautomates est assis à son comptoir, il lui venait toutd’un coup à l’idée « qu’au fond deux fois deux fontcinq, » et que sa vie entière n’a été qu’un faux calcul,et qu’il a gaspillé sa vie entière dans une erreui 1 épou-vantable — horreur ! Mais voilà que soudain je devinsmoi-même le jouet d’une hallucination des plus extra-vagantes: en examinant les passants de plus près, il mesembla qu’ils n’étaient que des nombres, des chiffresarabes; un deux, aux jambes cagneuses, marchait àcôté d’un mauvais trois, madame son épouse, enceinteet à gorge rebondie; derrière, s’avançait monsieurquatre sur des béquilles; après eux vint se dandiner unniais de cinq avec une grosse bedaine, et une toute petitetête, puis arrivait un six mielleux et un sept impertinentet puant l'arrogance — Mais quand je me mis à exami-ner attentivement l’infortuné huit qui chancelait sur sesjambes, je reconnus en lui l’agent de change qui autre-