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1 (1861)
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ŒUVRES CE HENRI HEINE.

Et Héloïsa, la douce créature, qui ne semblait êtrenée que pour marcher sur des tapis de Perse aux fleursmoelleuses, et pour être rafraîchie avec des plumes depaon, elle sest abîmée dans des orgies de marins, dansla fumée du punch, du tabac, dans le tourbillon de ladanse et de la mauvaise musique des lieux mauvais.Quand je revis Minka elle sappelait alors Kathinkaet demeurait entre Hambourg et Altona elle ressem-blait au temple de Salomon après sa destruction parNabuchodonosor, et elle sentait le caporal assyrien;et quand elle me raconta la mort dHéloïsa, elle ré-pandit des larmes amères, et sarrachait les cheveux dedésespoir; elle faillit se trouver mal, et elle avala ungrand verre deau-de-vie pour se remettre.

Et la ville elle-même, comme elle était changée àmon retour! et le Jungfernstseeg! La neige couvrait lestoits, et il semblait que même les maisons avaient vieilliet avaient des cheveux blancs. Les tilleuls de lalléenétaient plus que des arbres morts avec des rameauxdesséchés, qui sagitaient comme des fantômes ausouffle dun vent glacial. Le ciel était dun bleu criardet sassombrit rapidement. Cétait un dimanche à cinqheures lheure de la pâture générale les équipagesroulaient; des messieurs et des dames en descendaientavec un sourire gelé sur des lèvres affamées.

Horreur! en ce moment je lis une remarque terrible;cest .que tous les visages avaient lexpression duneeffrayante imbécillité, et que tous ceux qui passaient en