REISEBILDER.
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ne disais pas un mot, je pensais mes riens les plus doux,et je regardais les jeunes filles, et le ciel dans sa splen-dide sérénité , et le long clocher de Saint-Pierre avec sataille élancée, et le silencieux et bleu lac de l’Alster oùnageaient les cygnes avec tant de fierté, de grâce et debéatitude.
Les cygnes ! pendant des heures entières, je les suivaisdes yeux; ces créatures charmantes au long cou ondulantqui se berçaient avec volupté dans les flots tièdes, oufaisaient parfois le plongeon pour reparaître aussitôt etfrapper l’eau capricieusement de leurs ailes jusqu’à ceque le ciel devînt sombre, et que les étoiles d’or jaillis-saient, étincelantes de désir, éveillant l’espérance, respi-rant une tendresse merveilleuse. Les étoiles! sont-ce desfleurs d’or sur le sein virginal du ciel? sont-ce les yeuxd’anges amoureux qui, voluptueusement émus, se mirentdans les eaux bleues de la terre et sourient aux cygnes?
- ■ — — Hélas ! il y a longtemps de cela ! alors j’étaisjeu ie et insensé..Aujourd’hui je suis insensé et vieux.Dans l’intervalle plus d’une fleur s’est fanée, et plusd’une fleur a été foulée aux pieds. Plus d’une robe desoie a été usée, même l’indienne rose de M. MoïseOffenbach s’est déteinte depuis. M. Oflenbach s’estéteint lui-même; la raison commerciale de sa maisonest aujourd’hui : « Veuve Offenbach et Israël Offenbachfils. »