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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
der, c’est-à-dire les jeunes fdles qui passaient — Et ellespassaient d’un pied leste, les gracieuses servantes avecleurs bonnets ailés et leurs paniers soigneusement cou-verts, où cependant il n’y a rien dedans; —derrière ellestrottinaient les jeunes paysannes des vierland, qui four-nissent tout Hambourg de fraises et de leur propre lait;— là piaffaient les belles demoiselles des négociants avecle cœur desquelles on obtient en même temps beaucoupd’argent comptant... La nourrice quivientlà en sautillantporte sur ses bras un joli petit garçon qu’elle embrassecontinuellement pendant qu’elle songe à son bien-aimé... Là s’avancent des prêtresses de Vénus Aphro-dite, des Vestales anséatiques, les nymphes de la déesseDiane qui vont à la chasse, des naïades, dryades et ha-madryades, et autres filles de bonnes maisons... C’estlà qu’apparaissent Minka et Héloïsa. Que de fois, assisdevant le pavillon, je les ai vues passer dans leurs robesd’indienne rayée de rose— 4 marcs 3 schellings a coûtél’aune, et M. Moïse Offenbach m’a garanti que les raiesétaient bon teint. — « Quelles magnifiques gaillardes! »s’écriaient les vertueux jeunes gens attablés à côté de moi.
Je me rappelle qu’un grand agent de change, qui étaittoujours attifé comme le bœuf à la mode, dit un jour :« Je voudrais déjeuner de l’une et prendre l’autre pourmon souper : ce jour-là je ne dînerais pas. » — « C’est unange ! » s’écria un jour un capitaine de navire, tout haut.Les deux filles se retournèrent en même temps, puis selancèrent un regard empreint de jalousie. Quant à moi, je