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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

der, cest-à-dire les jeunes fdles qui passaient Et ellespassaient dun pied leste, les gracieuses servantes avecleurs bonnets ailés et leurs paniers soigneusement cou-verts, cependant il ny a rien dedans;derrière ellestrottinaient les jeunes paysannes des vierland, qui four-nissent tout Hambourg de fraises et de leur propre lait; piaffaient les belles demoiselles des négociants avecle cœur desquelles on obtient en même temps beaucoupdargent comptant... La nourrice quivientlà en sautillantporte sur ses bras un joli petit garçon quelle embrassecontinuellement pendant quelle songe à son bien-aimé... savancent des prêtresses de Vénus Aphro-dite, des Vestales anséatiques, les nymphes de la déesseDiane qui vont à la chasse, des naïades, dryades et ha-madryades, et autres filles de bonnes maisons... Cest quapparaissent Minka et Héloïsa. Que de fois, assisdevant le pavillon, je les ai vues passer dans leurs robesdindienne rayée de rose 4 marcs 3 schellings a coûtélaune, et M. Moïse Offenbach ma garanti que les raiesétaient bon teint. « Quelles magnifiques gaillardes! »sécriaient les vertueux jeunes gens attablés à côté de moi.

Je me rappelle quun grand agent de change, qui étaittoujours attifé comme le bœuf à la mode, dit un jour :« Je voudrais déjeuner de lune et prendre lautre pourmon souper : ce jour- je ne dînerais pas. » « Cest unange ! » sécria un jour un capitaine de navire, tout haut.Les deux filles se retournèrent en même temps, puis selancèrent un regard empreint de jalousie. Quant à moi, je