REISEBILDER.
303
Halle ; 8° la Baeclius-Halle, et 9° le théâtre de la ville.
Ce dernier est digne des plus grands éloges. Lesmembres sont tous de bons citoyens, d’honnêtes pèresde famille, incapables de feindre et de tromper; ils fontdu théâtre une école de haute moralité où l’infortunéqui doute de la vertu parmi les hommes reconnaît que,dans ce bas monde, tout n’est pas hypocrisie et dissi-mulation.
En faisant l’cnumération des curiosités de la répu-blique de Hambourg, je ne puis m’empêcher de men-tionner que, de mon temps, la salle d’Apollon était unétablissement très-brillant. Aujourd’hui elle est biendéchue; on y donne des concerts philharmoniques, ony exhibe des tours de prestidigitation et l’on y nourrit lecongrès des naturalistes. Jadis c’était bien dilférent! Lasalle retentissait des fanfares des trompettes et du rou-lement des timballes; les panaches en plumes d’autruchey flottaient au vent; Héloïsa et Minka couraient dans lesrangs de la danse polonaise d’Oginski, et tout se pas-sait fort décemment.
Beaux jours où le bonheur me souriait. Ce bonheuravait nom Héloïsa.
C’était un doux, gracieux et ravissant bonheur, auxjoues roses, au petit nez de lis, aux lèvres d’œilletsrouges, brûlantes et parfumées, et il me regardait, cebonheur, avec des yeux bleus comme les lacs des Alpes ;niais un tant soit peu de bêtise voilait le front, commeU'i somme crêpe de nuages flotte parfois sur un splen-