REISEBILJIEH.
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Hambourg est la patrie du bœuf fumé, et s’en faitgloire , comme Mayence se vante de son Jean Fust, et• Eisleben de son Martin Luther. Mais que sont , auprèsdu bœuf fumé , l’imprimerie et la rétormation ? Si cesdeux dernières ont été utiles ou funestes, c’est unequestion encore à débattre entre deux partis en Alle-magne; tandis que nos plus ardents ultramontainsavouent que le bœuf fumé est une invention bonne etsalutaire.
La ville de Hambourg a été fondée par le grand em-pereur Charlemagne ; elle est habitée par des milliersde petits hommes qui ne changeraient pas avec le grandempereur, lequel est enterré à Aix-la-Chapelle.
Il est possible que la population de Hambourg dépassele nombre de 100,000 habitants; je ne le sais pas exacte-ment, quoique j’y aie passé des journées entières à flâ-ner dans les rues et à regarder les pa’ssants. Il y a eusans doute des hommes que je n’ai pas aperçus, par laraison que c’étaient les femmes qui attiraient surtoutmon attention. Je ne les trouvai nullement maigres; pourla plupart, elles sont même puissantes, parfois d’unebeauté pleine de séduction, et en moyenne, d’une sen-sualité solide qui ne me déplaisait pas, bien au contraire.Si elles ne montrent pas trop d’enthousiasme pourl’amour romantique et ne se doutent guère de l’existencede cette grande passion des femmes généreuses, lafaute n’en est pas à elles, mais au petit dieu de l’amourqui parfois place sur son arc les traits les plus acérés —