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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
chat s’appelait Mimi, et noire chien Joli; celni-ci avaitune grande connaissance des hommes, et s’éloignaittoujours quand je prenais le fouet. Un matin, notre do-mestique nous dit que le chien portait la queue un peuserrée entre les jambes, et laissait pendre une langueplus longue qu’à l’ordinaire, et le pauvre Joli, avecquelques pierres bien attachées à son cou, fut jeté àl’eau ; ce fut dans cette circonstance qu’il se noya. Notredomestique se nommait Prrschtzztwitsh. Il faut éternuerpour prononcer correctement ce nom. Notre servantes’appelait Swurtska, ce qui est un peu dur pour lesAllemands, mais tout à fait mélodieux en polonais.C’était une grosse personne ramassée, avec des cheveuxblancs et des dents blondes. Il y avait encore en outredeux beaux yeux noirs qui couraient par la maison : onles appelait Séraphine. C’était ma belle petite cousine,et nous jouions ensemble dans le jardin, et nous obser-vions le ménage des fourmis, nous attrapions des papil-lons et nous plantions des fleurs. Elle rit un jour commeune folle quand je plantai dans la terre mes petits basde laine, m’imaginant qu’il en viendrait une paire degrands pantalons pour mon père.
Mon père était la meilleure âme du monde, et futlongtemps un superbe homme : tête poudrée, petitequeue élégamment tressée, qui ne pendait pas, maisétait relevée au-dessus de la nuque par un petit peigned’écaille. Ses mains étaient d’une blancheur éclatante,et je les baisais souvent. Il me semble que je respire on-