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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
rivai au moment où le jury se levait pour aller juger siWilliam le Noîr était coupable ou non coupable du crimequi lui était imputé.
Les juges siègent ici, comme dans les autres cours dejustice de Londres, en toges d’un noir bleuâtre, doubléesde violet clair, et leur tête est couverte de la perruquepoudrée à blanc avec laquelle les sourcils et les favorisnoirs contrastent souvent d’une manière originale. Ussont assis devant une longue table verte sur des siègesélevés, au bout haut de la salle où l’on a gravé en carac-tères d’or sur le mur un passage de la Bible qui leur re-commande de se garder des jugements injustes. Sur lesdeux côtés, sont des bancs pour le jury et des placesdebout pour les accusateurs et les témoins. En face desjuges, est la place des accusés : ceux-ci ne sont pointassis sur une sellette de criminel, comme en France etdans les provinces du Rhin, mais ils se tiennent deboutderrière une singulière planche qui est taillée en hautcomme une porte à voûte étroite. Un miroir subtilementcombiné y doit être ajusté pour mettre le juge à mêmed’observer tous les gestes et mouvements de la figuredes accusés. On place aussi devant ces derniers desherbes odoriférantes fraîches pour fortifier leurs nerfs,et cela peut souvent être utile là où l’on dispute à l'ac-cusation son corps et sa vie. Je vis sur la table desjuges de semblables herbes et même une rose. Je nesais comment cela se fit, mais la vue de celte rose meremua profondément ; cette rose rouge et riante, la tleur