REISEBIEDER, 263
qui devrait bien être surmontée, comme la porte del’enfer du Dante, de l’inscription :
Per me si va nella città dolente,
Per me si va nell’eterno dolore,
Per me si va tra la perduta gente.
En passant par cette porte, on arrive à une petite couroù se rassemble l’écume de la populace pour voirpasser les criminels; leurs amis et leurs ennemis s’ytrouvent aussi; parents, enfants, mendiants, idiots, etsurtout de vieilles femmes qui traitent la cause du jour,peut-être avec plus de pénétration que les juges et lejury, avec leur risible solennité et leur ennuyeuse juris-prudence. J’ai vu devant la porte du tribunal une vieillefemme qui, dans le cercle de ses commères, défendaitmieux le pauvre William le Noir, que l’avocat fort sa-vant de celui-ci dans la salle d’audience. Quand elleessuya avec un tablier déguenillé la dernière larme deson œil rouge, il sembla que tout le crime de Williamétait également effacé.
Dans la salle même, qui n’est pas remarquablementgrande, il y a en bas, devant ce qu’on appelle la barre,peu de place pour le public; mais en haut, des deuxcôtés, sont deux spacieuses galeries avec des bancs éle-vés, où les spectateurs sont empilés l’un sur l’autre.
Quand je visitai Old-Bailey, je trouvai place dansl’une de ces galeries, qui me fut ouverte par la vieilleportière, moyennant gratification d’un schelling. J’ar-