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1 (1861)
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256
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

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C’est une chose digne de remarque, que les Françaisdeviennent tous les jours plus pensifs, plus sérieux, plusprofonds, à mesure que les Anglais s’efforcent de s’ap-proprier un caractère léger, superficiel et riant, tendancequi se manifeste dans leur littérature comme dans leurvie. Les presses de Londres ne sont occupées qu’à re-produire des écrits fashionables, des romans dont l’ac-tion est toujours dans la sphère brillante de la high life,ou en réfléchit l’image, comme, par exemple, Almaks,Vivian Grey, Trentaine, The Guards, Flirtalion. Lenom de ce dernier roman désignerait le mieux ce genretout entier, cette coquetterie de manières et de façonsde parler exotiques, cette grosse délicatesse, cette lourdelégèreté, ce doucereux acide, cette grossièreté raffinée,bref, toutes les niaiseries pesantes de ces papillons debois qui voltigent dans les salons du West-End deLondres.

Quelle littérature nous offre au contraire aujourd’huila presse française, cette véritable représentante de l’es-prit et de la volonté des Français ! De même que leurgrand empereur, qui employa les loisirs de sa captivitéà dicter sa vie, à nous révéler les décrets les plus cachésde son âme divine, et changea les rochers de Sainte-Hélène en une chaire d’histoire du haut de laquelle lescontemporains étaient jugés et leurs descendants in-struits, les Français ont commencé à utiliser aussi glo-rieusement que possible leurs jours de revers, le tempsde leur inactivité politique. Eux aussi écrivent l’histoire