LONDRES
J’ai vu la chose la plus étonnante que puisse montrerle monde à l’esprit stupéfait; je l’ai vue et ne cesse dem’étonner encore... Toujours se dresse devant mapensée cette forêt de brique traversée par ce fleuve agitéde figures humaines vivantes, avec leurs mille passionsvariées, avec leur désir frémissant d’amour, de faim etde haine... Je parle de Londres.
Envoyez un philosophe à Londres; mais, pour Dieu,n’y envoyez pas un poète ! Amenez-y un philosophe etplacez-le au coin de Cheapside,il y apprendra plus dechoses que dans tous les livres de la dernière foire deLeipzig; et à mesure que ces flots d’hommes murmu-reront autour de lui, une mer de pensées se gonfleraaussi devant lui, l’esprit éternel qui flotte au-dessus lefrappera de son souffle, les secrets les plus cachés del’ordre social se révéleront à lui soudainement, il enten-dra et verra distinctement les pulsations vitales dumonde... Car si Londres est la main droite du monde,main active et puissante, cette rue qui conduit de la
H.
i.