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ŒUVRES UE HENRI HEINE.
pacité de ces prodigues, garda toute leur liberté sous sasévère curatelle, et ne leur laissa que la joie d’une en-tière et glorieuse égalité.
« L’Anglais supporte donc avec bien plus de patienceque le Français la vue d’une aristocratie privilégiée. Ilse console avec la pensée que les droits qu’il possèdeempêchent cette aristocratie de le troubler dans la jouis-sance de ses conforts intérieurs et dans ses projetsd’existence. Ces aristocrates ne portent pas non plusleurs privilèges en étalage comme sur le continent.Dans les rues et dans les lieux de divertissements pu-blics, on ne voit de rubans bariolés que sur les chapeauxdes femmes, et d’insignes d’or et d’argent que sur le dosdes laquais. D’ailleurs ces belles livrées de toutes cou-leurs qui, chez nous, annoncent une caste militaire ex-clusivement privilégiée, en Angleterre ne sont rienmoins qu’une distinction honorifique. Comme un ac-teur qui essuie son fard après la représentation, l'officieranglais, une fois l’heure du service passée, se hâte dese dépouiller de son habit rouge, et, dans la redingoted’tîn gentleman, redevient un gentleman. Ce n’est qu’authéâtre de Saint-James qu’on tient à ces décorations età ces costumes qu’on a conservés des vieux chiffons dumoyen âge ; c’est là que flottent les rubans d’ordres, queles étoiles étincellent, que bruissent les culottes de soieet les longues queues de satin, là que retentissent leséperons d’or et les locutions d’un français suranné, làque le chevalier se gonfle et que la noble demoiselle se