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couvrait la terre avec son manteau noir; et j'étais assisà vos.pieds, madame, regardant le ciel étoilé. Un mo-ment, je pris vos yeux pour deux étoiles. Mais commentpeut-on confondre de si beaux yeux avec des étoiles?Ces froides lumières du cjel ne peuvent pas pleurer surla misère d’un homme, d’un homme qui est si misérablequ’il n’a plus de larmes.
Et j’avais encore des raisons particulières pour ne pasméconnaître ces yeux. Dans ces yeux, habitait l’âme dela petite Véronique.
J’ai calculé, madame, que vous êtes née juste le jouroù mourut la petite Véronique. Johanna d’Andernachtm’avait pi’omis que je retrouverais la petite Véroniqueà Godesberg,... et je vous ai aussitôt reconnue. C’a étéjadis une mauvaise pensée à vous, madame, de mourir,lorsque nos jolis jeux commençaient à aller si bien.Depuis que la pieuse Ursule m’avait dit : — C’est la mortqui fait cela, —-je me promenais seul et gravement dansla grande galerie de tableaux; mais ces figures ne meplaisent plus autant qu’autrefois : elles me semblaienttout à fait décolorées. Un seul tableau avait conservéson coloris et son éclat... Vous savez, madame, de queltableau je parle.
C’est celui du sultan et de la sultane de Delhi.
Vous souvenez-vous, madame, comme nous nousarrêtions durant des heures entières devant ce tableau?Et comme la pieuse Ursule ricanait d’une manière sin-gulière, lorsque les gens remarquaient que les ligures