Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
Seite
229
Einzelbild herunterladen
 

HEISEBILDEH.

229

Signora Laura, dit-il, je suis un infortuné poursuivipar la haine, la misère et le mensonge. Puis il hésita etbalbutia :Mais je vous aime. Puis une larme de joieroula dans ses yeux, et les yeux humides, les lèvresbrûlantes, il sécria : Sois à moi ! aime-moi !

Un voile mystérieux a été jeté sur cette heure. Nulmortel ne sait ce que la signora Laura a répondu, etlorsquon interroge à ce sujet son bon ange gardien dansle ciel, il se couvre la tête, soupire et se tait.

Le chevalier resta longtemps seul près de la statue deLaocoon. Sa figure était blanche et défaite comme elle.Il effeuillait machinalement toutes les roses, et brisameme les jeunes boutons... Larbre na plus jamaisporté de fleurs... Au loin, un rossignol malade faisait en-tendre des mélodies plaintives; les saules étaient agités;les vagues noires de la Brenta murmuraient sourdement ;la nuit s'éleva dans le ciel avec sa lune et ses étoiles, etune belle étoile, la plus belle de toutes, tomba le longdu ciel et disparut. *